J'avais failli faire l'Erpervier voici une dizaine d'années. Faute d'avoir pris mal lors d' une sortie pluvieuse la semaine précédant l'épreuve, tout en étant inscrit, j'ai dû déclarer forfait. Ce n'était que partie remise.... car ce dimanche 17 avril 2011, j'ai enfin pu faire cette cyclo, de voisinage, qui entre temps était devenue La Gran Fondo Colnago ! Et bien, ces « retrouvailles » c'était super, que du plaisir (enfin, presque...)!

Nous étions quatre du CCSM et un Brignolais à faire le voyage. Partis vers 6H de Saint Maximin, nous avons fait le choix de nous garer à l'arrivée, c'est à dire à Cogolin, rejoignant Saint Tropez en vélo pour une petite mise en jambe matinale. Grâce à Manu, nous avions nos dossards et nous n'avons donc eu qu'à nous présenter sur le quai du port de Saint-Tropez où attendaient déjà de nombreux participants. Nous étions inscrits sur le parcours Sénior de 132 km. En lisant la feuille de route on a pu constater qu'il y avait eu une modification et que la distance avait était réduite. Bon, on ne s'en plaindra pas.

8H04, c'est le départ, sous les regards étonnés et « envieux » des nombreux plaisanciers aux yachts somptueux amarrés le long du quai. Sans surprise cela va vite dès les premiers tours de manivelle, pour moi trop vite. Mon diesel n'est pas encore chaud. Je laisse sciemment filer, les collègues pour rester avec un groupe qui me convienne. Passés 30 mn de course, on attaque la première difficulté de la journée : la montée du col du Canadel. Elle n'est pas très dure, on reste assez groupé. En haut du col, en prenant la route des crêtes, pas question de s'attarder sur le paysage idyllique car le passage est difficile, voire dangereux suite aux amas de sable et de gravier encombrant cette petite route escarpée. Plus loin, d'autres portions du circuit restent à la limite du cyclo-cross. La majorité des descentes sont signalées comme dangereuses et la prudence est de mise. On enchaîne avec le Babaou. Ouais … simple formalité ! Mais prudence, on en garde sous la pédale pour le reste à venir. Passée la mi-parcours, à Collobrières, je m'arrête au ravitaillement pour remplir d'eau ma gourde. La grande majorité de mon groupe, continue. Tant pis, il y a du monde qui se ravitaille, je ne serai pas tout seul pour attaquer Notre Dame des Anges ! Au croisement de Vaudrèche, un signaleur me barre la route et me fait signe qu'il faut tourner à gauche. Va savoir ! Je m'étais mis dans la tête que le parcours allait tout droit rejoindre le col des fourches ! C'était peut-être plus long, mais moins pentu ! Aussi connaissant déjà le vallon de Vaudrèche, je me suis dit aïe aïe, il va falloir gérer d'autant que c'est loin d'être fini, pensant à la longue montée sur la Garde Freinet.

Prenant une vitesse de croisière en conséquence du profil, souvent en danseuse avec un braquet de 39x25, je monte à mon rythme, passant même quelques cyclistes attardés. En haut, le plus dur reste à faire. En effet la descente sur Gonfaron n'est pas seulement dangereuse, elle est très éprouvante pour les vélos en général et mes faibles articulations, en particulier. Arrivé en bas, on a l'impression d'avoir été mis pendant plus d'une dizaine de minutes dans un shaker ! Maltraités le dos, la nuque et les poignets se rappellent à mon bon souvenir ! Ouf voilà enfin la route avec un revêtement normal. La descente a été plus sélective encore que la montée. Je ne suis qu'avec deux autres cyclistes. En prenant des relais, nous rattrapons un autre petit groupe de 4 cyclistes et nous poursuivons ainsi jusqu'à la dernière difficulté du jour, à savoir, la montée sur La Garde Freinet.

Au bout d'un km de montée, avec deux autres cyclistes, on fait le « trou » avec le reste du groupe. On monte alors régulièrement à allure soutenue. C'est bon signe, il reste encore du jus pour finir ! Arrivés dans La Garde Freinet des panneaux, nous annonce la bifurcation pour le grand parcours. Non merci ! J'ai préféré la super descente sur une route large et bien goudronnée pour arriver enfin à Cogolin.

Toute l'équipe se retrouve au complet. Jean-Paul F. nous attend depuis une dizaine de minutes, La_Colnago_2011Manu nous a devancés d'une demi-heure, en ayant roulé à plus de 28 de moyenne. Après avoir rendu la puce de contrôle, nous voilà attablés devant une assiette de pâtes bien méritée avec en dessert, bien sûr, une part de Tropézienne.

Nous apercevons alors Jean-Paul G. qui arrive une demi-heure après nous, mais... avec 50 kms de plus dans les mollets, car il courait pour le grand parcours Master de 165 km à quelques 32kms de moyenne ! 

Comme il se doit - n'oublions qu'il s'agit de « La Colnago » - des stands du fameux constructeur présentaient ses dernières productions : C59, M10 et autres. Que des machines de rêve ! Imaginer ces machines en images puis les voir « en vrai » procure un choc proche du coup de foudre ! Bon assez rêvé, on se contentera pour aujourd'hui d'une casquette signée Colnago ! Notre brevet d'or dans la musette, nous avons alors pris le chemin du retour

Au final, une mémorable journée ! Bien sûr, il a fallu se lever à 4H30 du matin, prendre la voiture, payer 35 € d'inscription pour … en baver, et au final, récolter une casquette accompagnée d'un morceau de papier prouvant que nous sommes quelque part un peu « barges » ! Tout ça pour ça ! Mais, c'est un tel plaisir d'y arriver et de participer sans être complétement à la  ramasse, qu'on en redemande et on se dit même pourvu que cela dure !...